Enfin un 2e souffle!

 

Elephant seal

Blog 10

Enfin un 2e souffle!

Jours pédalés : 11

Jours de congé : 3

Crevaisons : 6

Km parcourus : 387

 

3 janvier 2011

Après deux grands jours de congé, il est difficile de reprendre la selle. Sachant très bien que nos deux prochaines journées seront les plus difficiles. Nous serons en montagne, le ravitaillement sera difficile et il n’y a pas d’hébergement en cas de mauvaise température. Nous savons très bien que ceci sera le test ultime pour la réussite de notre objectif, soit Los Angeles. Notre nouvelle directive est de pédaler, pied par pied, mille par mille. De cette façon, nous évitons les déceptions. Big Sur, Lucia et Gorda, sont nos défis. Elles font partie de trois des pires ascensions du voyage. 

Dès midi, de notre première journée, Big Sur est histoire du passé. Nous nous lançons sur Lucia. Les descentes sont très dangereuses. Des bruits différents apparaissent sur chacun de nos vélos. Nous essayons seulement de ne pas trop y penser. Les remorques qui varient entre 60 à 80 lb donnent du file à retorde aux bandes de freins. Par chance, les paysages sont à couper le souffle. Les jeunes sont en pleine forme. Nous avons un très bon rythme. Il est 15hrs. Nous arrivons à Lucia. Notre dernière montagne de la journée est presque terminée. Elle était beaucoup plus facile que nous l’aurions cru. Petit arrêt dans un dépanneur pour les provisions du lendemain. Lorsque nous sommes prêts pour repartir, Isaak a une crevaison. Alors vite, nous devons la changer pour nous rendre avant la nuit au camping qui se situe à environ 4 km. Nous devenons des pros de la crevaison. Tout se fait très rapidement.

Nous arrivons au camping avec beaucoup de temps devant nous. Pour la première fois, les jeunes peuvent s’amuser sur la plage. Nous mangeons un repas typiquement dépanneur. Allez hop! Dodo, notre journée de demain sera encore difficile. 

Tout le monde est prêt. La Gorda  est notre ennemie de la journée… Nous y sommes. Nous montons et montons de nouveau. Nous restons en selle de plus en plus et de moins en moins souvent nous poussons nos vélos. Nous avions bien cru être au sommet. Nous nous lançons dans une descente. Après quelques minutes, nous voyons la vraie Gorda. Les jeunes en ont assez, mais ils tiennent bon. Nous y sommes. La descente commence et là nous croyons être capables de nous rendre à Ragged point (chambre d’hôtel = augmentation du moral des troupes). Ragged point signifie le début de la route passablement sans relief. 16h30, nous y sommes. Un superbe endroit où tout bon couple qui s’aime aimerait passer une nuit!!!  Bonne Nuit!

Le lendemain matin, il y a un vent à écorner les bœufs. Nous avons l’impression que nous aurons à nous battre avec lui toute la journée. Il est sûrement le pire ennemi du cycliste. Une personne âgée nous rassure et nous dit que nous aurons le vent dans le dos pour la journée. Nous retournons peu à peu vers la civilisation. Plus de villages, plus de villes et plus de services, ce qui nous sécurise. Notre objectif est de se rendre à Cambria pour faire l’entretien de nos vélos et le lavage de notre linge. Cela fait déjà 7 jours depuis la dernière fois. Pour la plupart, il n’y a plus grand morceaux de linges sans odeur. En roulant ce matin-là, nous sommes tombés sur un gros mâle morse (elephant seal) qui se vautrait au soleil à quelques mètres de la route. Ce fut un superbe spectacle pour tous.

Une dizaine de kilomètres plus loin, il y en a des centaines sur la plage. C’est la saison des mises bas et de l’accouplement. Nous pouvons observer des mères avec leurs petits en train d’allaiter et des mâles démontrant leur dominance. Cela arrive qu’une fois l’an entre la mi-décembre, jusqu’à la fin janvier. Nous avions l’impression d’assister à un documentaire vivant. Un souvenir magique pour tous…

Près d’une heure contemplation, le temps ne semblait plus un obstacle. Nous savions que nous n’aurions aucune difficulté pour atteindre Cambria. Le vent tourna contre nous et devenons pessimiste  par rapport notre objectif. Finalement, après 2 heures de batailles, le vent tomba. Ce qui nous permet de nous rendre dans notre première ville depuis 7 jours. 

Enfin, opération lavage et réparation vélo!  Tout cela se trouvait à 100 mètres de rayons. Une Shop appeler CBO (Cambria Bicycle Outfitter) dans laquelle travaillait un homme très professionnel. Il a pris le temps de faire nos vélos un par un à un prix d’ami. MERCI ALLEN! 

Nous sommes maintenant à la mi-parcours. Le plus difficile semble derrière nous. Le moral des troupes est à son maximum. Les liens familiaux sont de plus en plus forts. Notre corps est de plus en plus solide.

Bravo la gang, vous êtes nos champions!

Eric xxx