La folie de l’Inde n’est pas terminée!

Vue du train

« L’important n’est pas de vivre mais de vivre selon le bien » Socrate

Nous prenons donc le train en direction de Chennai anciennement nommée Madras. La durée du voyage : 5 heures. Tout se passe très bien. Nous sommes maintenant très organisés. Nous avons tout ce qu’il nous faut en nourriture pour faire la route. Durant presque tout le voyage nous avons deux banquettes à nous tout seul. Les filles font leur sieste afin d’être en forme pour le vol de minuit vers Bangkok.

Après 4 :30 heures de trajet, le train commence à se remplir sérieusement. Nous avons désormais peu d’espace pour bouger. Je crois que c’est l’heure de pointe. Nous comprenons que le train de province se transforme en train de banlieue près de grande ville. Nous sommes presqu’arrivés à Chennai. Alors, nous nous informons combien de temps il reste avant d’arriver à destination. L’un des passagers nous demande où nous voulons aller. Éric répond l’aéroport. Alors, ils se mettent à parler entre eux pour finalement nous dire que nous aurions du débarquer il y a déjà 4 stations. Nous nous dépêchons à ranger nos choses afin de débarquer le plus vite possible parce qu’ici, le train arrête à peine une minute à chaque station. Un bon samaritain débarque avec nous et nous indique le chemin. Il va même jusqu’à acheter nos billets sans vouloir être remboursé! Un autre homme nous aide à emporter nos valises. Nous sommes surpris par cet excédant de bonté. Nous nous dirigeons vers une autre voie afin de revenir sur nos pas.

Le train arrive. Il est bondé de femmes. Éric arrive à peine à entrer, la moitié de son back-pack est à l’extérieur du train. Il place Dahlia au-dessus de la mêlée. Il y avait tellement de monde qu’elle tenait toute seule au-dessus de cette foule. Fiona s’était faufilée plus vers l’intérieur. Elle avait de la difficulté à respirer son visage était au niveau des sacoches. Elle prenait son air comme si elle était prise sous l’eau. Moi, j’étais sur le bout des pieds, une valise dans les mollets et j’essayais tant bien que mal à m’agripper après les poignées suspendues. Il ne nous en a pas pris long avant de décider de sortir à la prochaine station même s’il nous en restait 3 autres à faire…   Au diable les dépenses! Nous prendrons un taxi pour se rendre à l’aéroport…

Le train n’était même pas arrivé que les femmes commençaient à pousser. Elles devaient absolument sortir à cette station sinon elles brûleraient en enfer! Une vraie panique de fin du monde. Tout était permis pour sortir de ce train. Comme si l’excédant de bonté venait de s’envoler en poussière afin qu’un équilibre se créé par cet excédant d’égoïsme!??

Éric réussit à sortir Dahlia, sa valise puis la poussette qui par on ne sait quel moyen, s’était retrouver sur le sol près de la sortie. Pour ma part, il était inconcevable que je sorte du train  sans Fiona. J’essayais donc de nager dans le sens contraire du courant. J’ai réussi à résister quelques instants pour ensuite me faire littéralement projeter vers la sortie par une armée de femmes enragées en laissant Fiona seule…avec sa valise. Elle était complètement paniquée à l’idée que le train reparte. Éric me demanda de surveiller Dahlia et les valises sur le quai afin de retrouver Fiona. Avec chance le train était toujours arrêté. Il réussit à tirer Fiona en larmes et complètement en état de choc. Je tremble comme une feuille m’ont système de défense m’avait fait oublier le moment ou j’ai dû abandonner Fiona dans le train. Je criais la valise, la valise!

Éric rembarqua dans le train en marche à la recherche de ladite valise. Il était décidé de se rendre à l’autre station s’il le fallait.  Pour Fiona, son cauchemar continuait. Elle voyait, cette fois, son père se faire emporter loin de nous. Moi et les filles étions sur le quai, encore sur le choc à ne pas trop comprendre ce qui venait de se passer. 5 ou 10 secondes après, Éric avait réussi à retrouver la valise et la lança sur le quai. Le train toujours en marche, Éric fit une cascade digne d’un vieux western et se lança, sans hésiter, sur le quai à son tour. Il atterrit sur le côté, rempli d’adrénaline. Il était le héro de notre propre malheur! Une troupe de personnes nous entourait afin d’essayer de comprendre le drame. L’un avait lu la cascade d’Éric. Voyant toujours Fiona en larmes, il s’approcha d’elle en lui racontant avec admiration, en langue tamoule bien sûr, l’exploit de son père…et nous suggéra d’attendre 5 minutes afin de laisser passer l’heure de pointe. Nous étions à nouveau réunis mais tous un peu ébranlés sauf Dahlia qui ne comprenait pas ce qui venait de se produire. Nous attendons un bon 15 minutes avant d’oser reprendre le train. Nous avons attendu qu’un wagon soit presque vide afin de pouvoir y entrer et sortir sain et sauf et tout le monde ensemble!

Ce qui nous surprenait le plus c’est que les femmes voulaient sortir à tout pris de peur de manquer leur station. Le fait est qu’il y a des trains à tous les 5 minutes. Pour elles, c’était plus important de sortir que de nous aider avec nos enfants ou nos valises! Moi, qu’aurais-je fait à leur place?

Tout ça pour vous dire que l’Inde n’est pas terminée tant que vous n’êtes pas atterrit dans un autre pays!

bye

la famille en cavale!

Moi et les filles

Dahlia boit de la noix de coco