La misère m’envahit…je suis triste!

Eric se fait seduire par un dompteur de cobra, Mumbay 

 «Il ne nous est plus possible de nous contenter d’exprimer les joies et les peines de l’humanité sans tenir compte de la natureJohn K. Grande

Les heures qui suivent sont les plus difficiles depuis le début de notre voyage…

Nous voulons à tout prix trouver une autre place où dormir. Alors dès notre levé, nous partons en expédition.  Il est difficile de trouver quelque chose d’ouvert. Nous avons donc erré un bon moment avant de trouver un guichet automatique et une place où manger.

Une fois le déjeuné prit, il était temps de faire le ‘’check out’’ à notre hôtel. Alors, nous avons décidé d’aller à la gare de train afin de partir de Mumbay au plus vite, étant donné le prix astronomique des hôtels et le dégout pour cette trop grande ville. Nous négocions notre taxi pour la gare : 60 roupies = 1.50$. Les taxis ressemblent à de vieilles Lada noirs et jaunes. Le trafic est assez impressionnant. Tout le monde klaxonne en tout temps. C’est la cacophonie!

 Il fait près de 37 degré. L’air est humide. Bref, le temps est insupportable! Surtout qu’on m’a fortement suggéré de couvrir mes épaules afin d’éviter les regards voire même d’éviter de me faire ‘’pogner les seins’’.

Arrivés à la gare, nous nous rendons compte que le train de nuit part seulement à 23 heures. Cependant, aucune place disponible avant lundi soir. Ce qui nous obligerait à rester deux nuits de plus à Mumbay…hors de question!

Plusieurs personnes essaient de nous aider. C’est devenu un "side line" courant ici, je pourrais même dire un gagne pain principal. Ils observent les touristes et nous aident à nous orienter etc. Nous avons donc décidé de suivre cet homme afin de prendre un autobus de nuit en direction de Goa moyennant une couple de roupies.

Un petit kiosque faisant office d’agence de voyage à moitié bric-à-brac nous offrait un forfait de nuit avec couchette pour 1300 roupies =33$ par place. Nous réservons donc 3 couchettes…

Le départ aura lieu non loin de là, au métro cinéma, à 20 heures. Ce qui nous donne 7 heures à tuer. Nous marchons avec nos valises jusqu'à un immense arbre dont deux hommes jouaient paisiblement aux cartes. Nous nous assisons sur nos valises question de faire passer le temps. Il y un enfant qui joue non loin de nous. Il est presque dévêtu. Il a à peine 2 ans. Il est laissé à lui-même. Je crois que nous sommes assis dans le carré imaginaire de son territoire. Pendant que j’essaie de retenir Dahlia de rester près de moi et d’arrêter de jouer avec les déchets autour de nous, Éric va s’informer à un hôtel non loin de là pour y laisser nos bagages. 

Nous devons retourner à la gare afin de  pouvoir mettre nos bagages dans des casiers. En vain, nous ne les avons jamais trouvés.

 Pendant ce temps, un chauffeur de taxi rodait près de nous afin de nous faire faire le tour de la ville. Nous avons donc décidé d’embarquer avec lui afin qu’il nous amène à Chowpatty Beach. Une autre traversée en taxi toujours aussi mouvementée!

La plage était presque vide. La chaleur est insupportable. Le smog est visiblement assez important.

Nous décidons de s’assoir sur une payasse près d’un petit stand de nourriture comparable à nos roulottes à patates frites. On nous apporte le menu. Nous n’avons aucune idée de ce qui y est écrit. Alors Éric commanda pendant que je partie en expédition avec Dahlia afin de trouver une toilette.

Avec chance, il y avait une toilette publique non loin de là. 3 roupies pour entrer. Le plancher est rempli de savon. Il y a une femme et son enfant dévêtus. Ils utilisent l’eau afin de se laver et de laver le peu de linges qu’ils possèdent. Description des toilettes : un trou dans le plancher.

 Pour moi ça passe mais pour Dahlia c’est toujours un tour de force d’aller à la toilette. Une fois sur deux, elle tourne les talons et refuse d’y aller! Ouf!

De retour à la payasse de réconfort, le repas est servi. Une assiette de nouilles jaunes épicées et des boules de patates pilées dans une pâte frite arrosées d’une sauce de yogourt et d’une sauce sucrée. Le tout est assez ordinaire. Les filles ne veulent pas manger. Dahlia réclame sont lait de soya. Malheureusement la réserve est presque épuisée et nous voulons garder les deux boîtes à boire pour le trajet d’autobus d’une durée de 13.5 heures.

Des enfants de la rue rodent autour de nous. Nous décidons de leur offrir une partie de notre repas. Les 4 gamins se sont chamaillés pour manger. Fiona voyant le scénario constata que le plus petit n’a presque rien eu. Elle veut donc aller lui en apporter d’autre. Ce qu’elle fait.

Nous sommes rendus le parc d’attraction. Le monde veut prendre des photos de Dahlia et de Fiona. La scène dure près 1\2 heure. Une quinzaine de personnes sont tous autour de nous. Certains osent s’assoir avec nous. Ce fut un des moments le plus sympathique de notre journée!

Après, nous marchons dans le but de trouver quelque chose à se mettre sous la dent pour notre voyage en autobus. La seule chose que nous trouvons : de l’eau, des chips et des bananes.

Enfin l’heure de la rencontre arrive.

Il fait noir et les rues nous dévoilent toutes la misère du monde. Des familles complètent sont rassemblées sur le trottoir autour de rien, parfois d’un feu et d’une casserole. Une femme seule dort sur une payasse. Les enfants pissent dans la rue. Un homme rampe sur ses fesses avec des sacs en plastique dans ses mains. La seule chose qui nous ravit c’est qu’à cette heure là, ils ne quêtent plus! Je m’excuse de penser ça.

La misère m’envahit…je suis triste. Je me sens impuissante face à autant de pauvreté. Fiona réussit à canaliser sa tristesse en donnant le jus que nous avons reçu dans l’avion, une revue avec un crayon feutre et sa petite monnaie.

 La ville est sale. Il n’y a aucun système de gestion des déchets apparant sauf les pauvres qui ramassent les bouteilles de plastiques soit pour les revendre soit pour les réutiliser.

L’autobus est prêt à l’embarquement. Il n’y a pas de toilette dans l’autobus. De plus, nous nous rendons compte que nous avons seulement des couchettes. Nous qui croyions que c’était une alternative. En plus, l’autobus est rempli. Donc, moi, Fiona et Dahlia devons se partager 2 couchettes ce qui correspond à 40 ‘’X 70’’. Éric lui partage sa couchette avec un hollandais d’âge mûr de 6’2’’. Le trajet est épouvantable. L’air climatisé dans le piton droit dans nos oreilles. L’autobus se balance de droite à gauche comme tangue une chaloupe. Bref, un dur moment pour la famille. Nous sommes arrêtés 2 fois pour aller à la toilette mais les 2 fois les filles n’ont pas voulu rien faire du à l’insalubrité de celles-ci.

Vers 6 heures du matin, après 10 heures de route, trois hommes nous réveillent en panique comme si nous étions dans une embuscade. Ils pointent Dahlia : ‘’ Baby Baby drop drop polio! J’étais endormie, je leur dis le nom de notre destination. Tandis qu’Éric me demande le carnet de vaccination. Ils veulent donner des gouttes pour la polio. Enfin compris, je dis qu’elle l’avait déjà reçu.

Nous sommes finalement arrivés à destination avec une immense joie. Même-ci l’Inde et en famille c’est du sport, nous sommes tout de même contents d être ici.

Le beau dans tout ce que nous vivons c’est qu’à chaque nouvelle expérience, une mise à jour (" up date") est faite de façon automatique ce qui nous permet de nous redéfinir constamment.

P.S. Merci à ma nouvelle amie GRAVOL, il m‘est maintenant impossible de voyager sans elle!     Vero xx

 

 Smog Chowpatty beach, Mumbay