Un vent de bonté souffle sur Guadalupe!

Cahmp de vignes de San Luis Obispo

Un vent de bonté souffle sur Guadalupe!

BLOG11

7 janvier 2011

Jours pédalés : 14

Jours de congé : 3

Crevaisons : 6

Km parcourus : 533

 

 

La veille nous avions fait notre record au compteur soit 53 km. Nous étions vraiment heureux de notre performance. Les hauteurs sont presque terminées et ça se sent dans notre cadence. Malgré que demain nous avons une ascension de 1000pieds!

Aujourd’hui, l’objectif est Guadalupe. Le village de 6000 habitants est situé à 44 km. Une distance facilement réalisable pour notre « Dream team ». La route est belle. Je tire un peu de la patte, mais c’est une chose normale le matin… L’endurance, je mis connais. Mais m’entrainer en force! J’avoue que c’est du nouveau pour moi. 75% du voyage nous avons roulé à deux pelotons. Éric, Mahëva et Isaak voyagent en avant et moi et Fiona qui suivent un peu plus loin en arrière.

Nous arrêtons pour dîner à Prismo beach. Un petit village touristique typique de la côte ouest. Du beau sable blanc avec un immense quai qui surplombe le bord de mer. Le soleil dorait nos tâches de rousseurs sans crème solaire. Je ressentais l’excès de vitamine D qui me manque tant lors de notre hiver nordique. Nous étions heureux de pédaler! Bref, heureux d’être ici.

Nous pédalons à un bon rythme. Nous prévoyons arriver un peu après notre couvre-feu (15h45) étant donné que nous sommes partis tard de San Luis Obispo. Pour cause, la chaîne de vélo à Éric a cassé… Nous en avons profité pour changer la mienne afin d’éviter le même sort. J’accepte un assouplissement du couvre-feu étant donné que nous prévoyons dormir dans une chambre d’hôtel. Ce qui nous permet de rouler plus longtemps étant donné que nous n’avons pas de tente à monter et que nous pouvons nous faire à manger dans la chambre.

 C’est vendredi. Nous commençons à sentir l’impatience des automobilistes qui ont leur semaine de travail dans le corps. L’hostilité est presque palpable. Nous nous rendons compte que nous sommes dans un village d’ouvriers mexicains. Comme au Québec, ce sont eux qui travaillent au champ. Nous traversons des cultures à perte de vue. L’odeur du fumier et des produits chimiques nous monte au nez. L’accotement est rempli de terre noire ce qui nous oblige à rouler dans l’espace des voitures.

Nous arrivons finalement à Guadalupe. Nous avons hâte de retrouver la chaleur d’une chambre d’hôtel. Ici, dès que le soleil se couche, la température descend rapidement. Les nuits affichent au plus froid de 3 à 5 degrés Celsius. Nous demandons à notre nouvel ami le GPS de gentiment nous trouver l’hôtel le plus près. Avec stupéfaction, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas de place où dormir à moins de 13km. Nous n’avons plus de jus et de temps pour rebrousser chemin. Nous avions mal lu notre carte de cyclotouriste qui nous indiquait : épiceries, restaurants, bureau poste, librairie et stations-service. Tout, sauf une place où dormir.  

Nous décidons donc d’aller manger afin de nous réchauffer et de réfléchir à la nuit qui s’en vient. Les enfants sont inquiets. Les habitants leur font penser aux gangs de rues qu’ils voient dans les films. Ils ont peurs. Nous traversons lentement le village pour finalement nous arrêter dans un petit restaurant mexicain dans lequel j’avais aperçu un personnage sympathique me faisant signe d’entrer. Une vieille Mexicaine nous accueille. Naïvement, nous lui demandons d’entrer de jeu, s’il y avait un endroit où dormir. Sachant la réponse d’avance, nous avions espoir qu’elle nous aide.

Durant tout le souper, nous imaginions divers scénarios : dormir dans le restaurant, ou même demander aux policiers de nous faire dormir dans une cellule…lieu sécuritaire. Moi et les enfants aimions bien l’idée! Je mangeais en fonction de la dure nuit qui nous attendait tandis qu’Éric lui, mangeait pour passer le temps! Après le repas, nous allions un par un à la chambre de bain afin d’enfiler des vêtements chauds. Éric continuait à demander à quiconque un endroit où dormir.

Jusqu’au moment où une famille, venue manger, nous fait signe de venir à leur table. Ils nous offraient de planter notre tente dans leur court arrière. Nous étions fous de joie! Tous soulagés d’avoir trouvé un lieu sécuritaire afin de mettre notre tente. Les deux adolescentes invitent même les enfants à aller choisir des gâteries à l’épicerie du coin afin de visionner un film plus tard. Wow! Nous étions presque mal à l’aise. Lorsque la famille sorti du restaurant la vieille Mexicaine est venue les serrer dans leur bras. Elle était soulager de savoir que nous allions dormir en toute sécurité.

Nous avons dû les suivre dans la noirceur sur une distance de 4 km avant d’arriver à leur maison. Ils nous font de la place dans leur garage pour nos vélos, nous offrent de prendre une douche… Une soirée à discuter de politiques, d’économie de voyages et d’environnement tandis que les enfants se bourraient la face devant un vieux film de Johnny Deep : Benny and Joon. Bref, une soirée parfaite en compagnie de la bonté humaine. Une soirée qui me fit réfléchir sur ce que j’aurais faite dans la situation inverse. En tout cas, maintenant, je le sais!

J’ai toujours fait confiance à la vie. Et cette magnifique soirée est une bonne preuve que j’ai encore raison de le faire!

Bonne nuit

Véro xx

 

Notre famille d'accueil

THANKS TO THE HOSKING FAMILY ! WE REALLY APPRECIATE YOUR GENEROSITY!